Les Chroniques 

(Photo G. Araman © 2001)
Après plusieurs mois d'errance tanguera, KroniK est de retour aux Dryades. La fête, les nuits blanches, les épreuves ont laissé cernes noirs sur le visage et bleus à l'âme. Il est temps de prendre un peu de repos.
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CHRONIQUES DES DRYADES
Alors ce réveillon, Monsieur ?
Je gravis pas à pas, princesse à mes côtés, la colline génoise, suivant - envieux regard ! - un couple de sherpas à la démarche allègre. Du pont de Galata jusqu'à la Tour du Christ, fiertés de Karaköy et de Pera la noble, je souffrais en silence, le corps lourd et repu : d’orientales agapes m’avaient laissé fort las !
Du sommet de la tour je découvrais les joyaux de l’âme byzantine, le conquérant Topkapi, la mer de Marmara, plus bas la Corne d’or. Les yeux vers le couchant, mon berceau, mon enfance, je songeai que ces jours si sereins entre amis, marquaient de leur tendresse la charnière de ma vie. Mais qu’elle est courte l’histoire du pèlerin mortel face aux splendeurs ottomanes érigées au nom de Soliman, le Grand, le Magnifique et de ses frères sultans !
Je me laissai charmer par les sons enjôleurs du ùd, du nay, du saz qui retentissaient sans fin dans la rue d’Istiklal. Je rêvais, yeux mi-clos devant les arabesques, ferveur apprivoisée, nées de l’agile calame d’un calligraphe dansant. Ô roseau vagabond, grimoires amoncelés, thé brûlant, mains calleuses, tulipes enluminées, entrelacs à la gloire du prophète, combien d’heures passées dans la pénombre du bazar !
Hélas ! La gourmandise, m’emporta de nouveau. Le marché égyptien m’ouvrit bientôt ses bras. Epices colorées, infusions enivrantes, fruits secs riches à souhait, offerts à profusion n’eurent pourtant point l’heur d’attirer mes papilles et je me tournai vaincu vers ces plateaux de cuivre, lourds de leur fardeau de miel, baklavas diaboliques…
8 janvier 2003
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Mise à jour : 2 mars 2003
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